Zenfolio | Michel Forest | 40. Le Canyon de Chelly

Jeudi 7 juillet: Aujourd'hui, nous sommes au pays des Dineh, le peuple Navajo. C'est un pays de grandes plaines désertiques qui se perdent aux pieds de montagnes rouges aux parois tantôt abruptes, tantôt  arrondies en longues courbes sensuelles. Malgré un paysage qui semble parfois aride et dur, on sent ici un étrange mélange de tranquillité, de sérénité. C'est probablement dû au fait que chaque aspect de la culture navajo s'appuie sur un profond respect de la nature.

De temps à autre apparaît, dans cette immensité, une petite maison et ses dépendances, plantées là au milieu de nulle part. On ne peut pas faire autrement que de se demander comment vivent ces gens, loin de tout, seuls.

 

 

Nous nous approchons des montagnes pour visiter un site exceptionnel, le Canyon De Chelly qui comprend en réalité un labyrinthe de canyons dont les deux plus importants sont le Canyon de Chelly et le Canyon del Muerto. La bouche du canyon, située près de la ville de Chinle, n'impressionne pas vraiment avec des parois rocheuses à seulement une trentaine de pieds de hauteur . . .

 

. . .  ce qui est une toute autre histoire lorsqu'on s'aventure plus avant dans le canyon alors que les falaises culminent à plus de 1 000' dans la partie la pus profonde.

 

La visite du canyon se fait par la route qui circule sur le plateau formé au-dessus du labyrinthe de canyons. Des points d'observation super bien aménagés nous amènent aux endroits stratégiques et de petits sentiers nous font découvrir différents aspects de celui-ci. Ce qui est fascinant, entre autres choses, c'est de voir changer la couleur de ces roches selon le jeu de la lumière et de l'ombre. Tantôt, c'est le rouge qui semble dominer puis, on tourne la tête, on pose le regard ailleurs et la roche devient orangée, ocre ou brunâtre ou un magnifique mélange de toutes ces couleurs. Puis, tout au fond du canyon, le vert se décline dans différentes teintes qui contrastent avec celles des roches.

Comme cette petite vallée verdoyante qui se laisse entrevoir par une faille taillée dans la roche.

 

 

Il semble que des gens habitent le canyon depuis près de 5000 ans. Encore de nos jours, on y cultive du maïs et élève des moutons.

 

 

On peut y voir quelques ruines d'anciennes cultures comme ici "White House Ruin", construit et occupé il y a environ 1000 ans.

 

La plus belle partie du canyon est le "Spider Rock", deux aiguilles jumelles qui s'élèvent à 800' du fond du canyon. Ces rochers ont une grande importance pour le peuple Navajo, car c'est ici qu'habiterait une de leurs principales divinités, la Femme Araignée. Selon la légende, celle-ci aurait transmis son art du tissage à la Femme qui Change, cette autre divinité à l'origine de la création des Navajos. Elle aurait alors filé une toile d'arcs-en-ciel entre les deux pics et les parois qui les entourent.

 

 

Ce canyon est l'un des plus beaux que nous ayons vu. Tout le monde connaît le «Grand Canyon», en a vu des photos sur Internet ou ailleurs. Nous l'avons visité il y a quelques années. J'en conserve de beaux souvenirs si ce n'est le grandiose de l'endroit, la profondeur de l'abîme, le voile léger sur ses couleurs, la quantité de touristes circulant le long des barrières. Mais en toute franchise, ce canyon de Chelly, moins connu mais plus accessible, me laisse sans voix et tout en teintes d'émotions.

 

 

 

Vendredi 8 juillet: Ce matin, terminons notre visite du canyon en partant sur la route du 'North Rim" (vous aurez deviné qu'hier nous avons fait la route du "South Rim"). Nous pensions visiter le même canyon mais avec des points de vue différents mais non, le North Rim nous amène voir un autre canyon du labyrinthe.

Il est près de 9hres, nous sommes les seuls visiteurs. C'est le silence des grands espaces. On entend le cri d'une buse se répercuter sur les parois. Le soleil n'est pas très haut dans le ciel. La lumière, les couleurs, les ombres sont différentes. C'est un moment magique.

 

 

 

Puis, pour terminer la journée, nous reprenons la route en direction de Mesa Verde au Colorado . . . mais ça, c'est pour demain.