Zenfolio | Michel Forest | #7 La correction de l'exosition

Comment apporter une correction à l'exposition au moment de la prise de la photo ?

Me voici rendu à un sujet que j'ai eu, personnellement, le plus de difficulté à comprendre dans mon apprentissage de la photo, corriger la lecture du posemètre. Je vais donc tenter ici dans cette capsule de simplifier le plus possible ce que j'en ai compris.

Vous savez maintenant que le posemètre de votre appareil photo mesure la lumière réfléchie par les objets que vous photographiez. Or chaque objet ne réfléchit pas la même quantité de lumière. Un morceau de velours noir par exemple nous paraît sombre parce qu'il ne réfléchit que quelques 5 à 10% de la lumière. Un mur blanc, quant à lui, parait clair parce qu'il réfléchit près de 80% de la lumière. Le posemètre de votre appareil devrait donc tenir compte de ces différences, ce qui n'est malheureusement pas le cas et c'est là que çà se complique.

Le posemètre de votre appareil photo ne voit pas le monde en couleurs comme nous, eh non ! ni même en noir et blanc d'ailleurs, mais plutôt en gris neutre. Mais plus encore, le posemètre est étalonné en usine pour considérer qu'un objet gris neutre réfléchit 18% de la lumière qu'il reçoit.

Quel impact cela aura-t-il sur nos photos ?

OK, alors imaginons que nous sommes en train de photographier notre morceau de velours noir et le mur blanc, séparément, dans les mêmes conditions de lumière. C'est une superbe journée d'été, le soleil brille de tous ses feux et le ciel est sans nuage. Commençons par le morceau de velours noir. Le posemètre de votre appareil photo ne sait pas à quoi il a affaire. Il est programmé pour considérer le morceau de velours comme un objet qui réfléchi 18% de la lumière qu'il reçoit. Comme le velours noir n'en réfléchit en réalité que 5 à 10%, le posemètre considère donc que l'objet que nous lui présentons est mal éclairé et vous proposera des valeurs d'exposition pour compenser cette faible lumière. Le morceau de velours sera donc surexposé et, sur votre photo, il ne sera pas noir mais tirera sur le gris. De la même manière, le mur blanc est lui aussi considéré comme un objet qui réfléchit 18% de la lumière qu'il reçoit. Or, dans le cas du mur blanc, c'est plutôt près de 80% de la lumière qui est réfléchie. Pour le posemètre, il y a donc beaucoup trop de lumière et il vous proposera des valeurs d'exposition pour compenser. Le mur blanc sera donc sousexposé et, sur votre photo, il ne sera pas blanc mais tirera lui aussi sur le gris.

Pour vraiment bien saisir cette particularité du posemètre, jetons un coup d'oeil sur les photos qui suivent. Pour illustrer ce que je viens d'expliquer, j'ai pris différentes photos d'un support blanc pour IPad et d'un étui de tissu noir pour ce même IPad. Toutes les photos ont été prises exactement dans les mêmes conditions, au soleil par une journée sans nuage. J'ai choisi, pour cette démonstration, le mode "priorité à l'ouverture" en choisissant une ouverture du diaphragme de f/8. J'ai utilisé, comme mesure de lumière, la "mesure spot" afin de m'assurer que le posemètre faisait la lecture sur la zone que je voulais.

La première photo est celle du support blanc. Comme vous le voyez bien, le blanc apparait gris car ce dernier a été analysé par le posemètre en fonction de la norme du 18% de réflexion de la lumière. Comme j'ai photographié en "priorité à l'ouverture", le posemètre a choisi automatiquement une vitesse d'obturation de 1/4000s et je me retrouve avec une photo sous-exposée.

 

 

La deuxième photo est celle de l'étui en tissu noir. Comme vous le voyez bien, le noir apparaît gris car ce dernier a été analysé, lui aussi, par le posemètre en fonction de la norme du 18% de réflexion de la lumière. Comme j'ai photographié en "priorité à l'ouverture", le posemètre a choisi automatiquement une vitesse d'obturation de 1/125s et je me retrouve avec une photo sur-exposée.

 

Alors comme arrive-t-on à obtenir une exposition correcte ?

Vous devriez trouver sur votre appareil photo un bouton +/- avec lequel vous allez apporter les corrections désirées. Vous pourrez, en ayant préalablement choisi l'option correspondante dans les menus de votre appareil, apporter des corrections de 1/3, 1/2 ou 1 STOP à la fois.

Les photos suivantes illustrent les corrections apportées aux mesures prises sur le support blanc:

1) correction de +1 STOP qui a alors baissé la vitesse d'obturation à 1/2000s faisant en sorte que le blanc apparaît légèrement plus blanc.

 

2) correction de +2 STOP qui a alors baissé la vitesse d'obturation à 1/1000s faisant en sorte que le blanc apparaît encore plus blanc.

 

3) correction de +3 STOP qui a alors baissé la vitesse d'obturation à 1/500s faisant en sorte que le blanc commence à être surexposé.

 

 

Les photos suivantes illustrent les corrections apportées aux mesures prises sur l'étui de tissu noir:

1) correction de -1 STOP qui a augmenté la vitesse d'obturation à 1/250s faisant en sorte que le noir apparaît légèrement plus noir.

 

2) correction de -2 STOP qui a augmenté la vitesse d'obturation à 1/500s faisant en sorte que le noir apparaît encore plus noir.

 

3) correction de -3 STOP qui a augmenté la vitesse d'obturation à 1/1000s faisant en sorte que le noir commence à être bouché.

 

Alors quelle exposition choisir ?

Dans ces exemples, j'ai choisi de travailler en priorité à l'ouverture. Le posemètre décide alors de la vitesse d'obturation. Si j'avais choisi le mode priorité à la vitesse, le processus aurait été le même sauf que le posemètre aurait choisi l'ouverture du diaphragme correspondante à sa lecture.

Il faut être conscient ici que j'ai fait l'exercice en utilisant le mode de mesure spot, qui n'est pas celle que je vous suggère d'utiliser dans la majorité des situations. Je l'ai fait pour vous faire comprendre la relation entre la lecture du posemètre, sa manière d'analyser la lumière et le rendu sur une photo. Le posemètre analyse la lumière toujours de la même façon que la lecture se fasse en mesure spot, pondérée centrale ou matricielle. À vous maintenant de savoir interpréter cette lecture et de faire vos propres expériences.

Les corrections d'exposition que vous apporterez à vos photos dépendront des scènes photographiées et surtout du rendu que vous désirez obtenir. Dans certaines situations, vous pourrez décider de sous-exposer pour obtenir des noirs francs et des ombres dures alors que dans d'autres vous choisirez consciemment de brûler certains blancs pour obtenir un maximum de détails dans les tons foncés. C'est en faisant des photos et en vous forçant à lire vos histogrammes que vous arriverez à des résultats de plus en plus satisfaisants.

Et n'oubliez pas que vous disposer de l'histogramme pour vous aider.

Jusqu'ici, j'ai négligé volontairement de vous parler d'un troisième paramètre qui influence les données de l'exposition. C'est donc le temps d'y jeter un coup d'oeil.

 

suite capsule #8: Sensibilité ISO