Zenfolio | Michel Forest | 14. Les grottes de Carlsbad

Dimanche 5 juin: Juste avant de partir, pendant que je suis à l'office pour "checker out" (mon anglais s'améliore, vous ne trouvez pas ?), le propriétaire des lieux me demande tout bonnement où nous allons. Je lui réponds, "San Diego, Californie en passant par le sud du Nouveau-Mexique et de l'Arizona". "Mais vous allez voir les grottes de Carlsbad ?" qu'il me dit. "Les grottes d'où, me dites-vous ?" que je lui redemande, car "Carlsbad" avec un accent du sud du Texas, c'est pas très évident à mes oreilles. Il me répète une deuxième fois le nom de l'endroit en me spécifiant que ce sont parmi les plus grandes et les plus belles grottes de l'Amérique du Nord et que ça vaut vraiment le déplacement. Je vous avoue que je n'ai pas plus compris le nom de la place lorsqu'il me l'a répété, mais je n'ai pas osé lui redemander de répéter une troisième fois. Avec mon plus beau sourire (charmeur, dirait ma blonde!), je me suis contenté de le remercier pour l'information en me disant que j'allais consulter mes cartes et que peut-être je retrouverais la place. Et bien, on l'a trouvé. Ce n'est pas tout à fait sur la route d'El Paso, notre destination d'origine, c'est même un détour de plus d'une centaine de kilomètres mais qu'est-ce que 100 à 150 km de plus dans un voyage de 15 000 à 20 000km. Faque, on change nos plans et on prend la direction de Carlsbad, Nouveau-Mexique.

Nous pensions nous arrêter en chemin faire quelques achats de fruits et légumes frais, mais lorsque nous sommes arrivés devant la "Greasewood grocery", nous avons changé d'idée.

 

Le long de la route, on continue d'admirer le travail de la nature. Ici, en regardant les photos qui suivent, il est relativement facile de comprendre que les montagnes de la région sont le résultat d'un phénomène important d'érosion. Mais ce qui difficile de s'imaginer, c'est l'effet "temporel", nous qui fonctionnons à l'ère du va-vite et de l'express.

 

 

 

On peut voir que le temps permet à la roche si compacte de se transformer en roches concassées puis en fines poussières qui s'entassent au pied de la montagne. Sauf qu'une grande partie de cette poussière s'élève et se propage dans l'air créant ainsi une certaine forme de pollution naturelle. Celle-ci, s'ajoutant à la pollution produite par l'homme, en provenance des centrales au charbon par exemple, contribue à l'espèce de voile que l'on voit sur la première photo qui suit. Ce voile est aujourd'hui presqu'omniprésent partout, quelquefois plus opaque à des endroits, et cache les couleurs véritables et la beauté du paysage. On peut voir sur la deuxième photo, ce que donnerait le même paysage par une belle journée sans cette pollution (un effet de mon logiciel de traitement de photo qui peut enlever le voile . . . et oui, c'est possible!)

 

 

De l'autre côté des montagnes, nous traversons une région où la végétation est quasi inexistante et où quelques têtes de bétails broutent . . .  on ne sait pas trop quoi en fait.

 

Et dites-vous bien que ce n'est pas parce que nous sommes dans une région semidésertique qu'il n'y a pas d'eau. Tout le long de la route, des panneaux nous indiquent de faire attention à l'eau sur la route, qu'elle peut être inondée. C'est difficile à croire lorsqu'on regarde toute cette sécheresse autour de nous mais il faut bien se rendre à l'évidence lorsque, devant un ruisseau asséché, on y voit cette jauge de niveau d'eau.

 

Et pour finir la journée, les grottes de Carlsbad situées dans les Montagnes Guadalupe au sud-est du Nouveau-Mexique. Nous avons gagné une heure car nous sommes passés, au cours de l'après midi, à l'heure des montagnes. Nous avons donc le temps d'aller visiter ces superbes grottes. Nous en avions déjà vu avant des cavernes mais celles-ci les surpassent toutes par son immensité. Nous choisissons de prendre le tour long, soit une heure et quart de descente, sur un sentier en colimaçon construit dans une cheminée de la grotte, pour atteindre les chambres principales quelques 750' plus bas et environ une autre heure et demie pour parcourir les sentiers dans la grotte principale. Toute une descente, parfois dans le noir presque total. Intéressant mais, étant donné mon handicap au genou, "avoir su que le sentier était aussi escarpé" on aurait pris l'ascenseur pour descendre. "Mais le problème . . . c'est qu'on le sait juste après". Il faut également que je vous dise que cette grotte abrite plusieurs centaines de milliers de chauves-souris.

Au lieu d'essayer de vous décrire les différentes formations que contient la grotte, je vais laisser mes photos parler.

C'est l'entrée de la grotte, mais c'est aussi par là que sortent les chauves-souris le soir. Il y avait donc une de ces odeurs de guano un peu spéciales. Nous sommes d'ailleurs retournés voir le spectacle de leur sortie à la brunante.

 

On pénètre dans l'antre du diable . . .

 

Pour ceux et celles qui aimeraient savoir comment cette grotte s'est formée (et pour que je puisse m'en rappeler dans quelques années).

 

Une partie du sentier qui descend en colimaçon dans la cheminée de la grotte. J'exagère à peine si je vous dis que le degré de la pente frôle les 45°.

 

Ben oui mon amour, faut continuer à descendre . . . on n'a plus le choix . . . mais avoir su!

 

Toutes les photos ont été prises au flash. Avec les quelques lumières présentes, l'effet sur la roche est assez impressionnant car sans ces lumières, tout est dans le noir total donc sans éclat.

 

 

Des passages étroits entre des colonnes sculptées durant des millénaires, avec une statue encore plus merveilleuse sculptée en 67 ans . . . cé pas croyable!

 

La queue de lion . . .

 

Laissez aller votre imagination . . . que voyez-vous dans cette œuvre ?

 

Un chef d'œuvre de lignes et de couleurs que seul la nature peut réussir.

 

. . . et que dire de celle-ci qui fait une bonne quinzaine de mètres de haut.

 

J'arrête avec cette dernière car il y autant de beauté dans cette grotte que de fois où le regard se pose. On reste bouche bée devant ce travail lent et précis que seules des années de patience peuvent produire. On se sent encore très petit devant cette nature. J'aurais beaucoup plus d'images à vous montrer mais je vous donne rendez-vous à l'automne, dans la section voyage de mon site où vous pourrez voir plein d'autres photos que je ne vous ai pas montré dans ce journal quotidien.