Zenfolio | Michel Forest | 6. Sur la route des créoles

Mercredi 25 mai:  Malgré des prévisions de "pop up storm", le soleil est présent, le ciel arbore toujours son bleu "ciel" (je me sens original!) et les gros nuages semblent se chicaner la meilleure place. Pleuvra-t-il, ne pleuvra-t-il pas, seul l'avenir nous le dira... mais comme nous sommes audacieux et que le dicton dit que l'avenir nous appartient, nous optons pour une petite balade sur les routes campagnardes. Nous y croisons de nombreuses jeunes plantations de cannes à sucre.

Sur notre route, nous croisons le "Longfellow Evangeline state historic site". Même si ma blonde ne manifeste pas un intérêt fou pour ce genre de site, je fais un homme de moi et je tourne à gauche pour entrer sur le site, question de voir de quoi ça a l'air. Comme la visite est gratuite pour les séniors, nous nous risquons. Nous y sommes accueillis en français par une dame fort sympathique qui nous sert de guide.

Comme c'est le cas dans la plupart de ce genre de visite imprévue, nous y apprenons différents faits intéressants: 1. qu'il soit français, espagnol, portugais, américain, africain, indien autochtone, homme libre ou esclave, s'il est né en Louisiane et s'il parle français, c'est un créole;2. que le bayou Teche est un des anciens lits du Mississippi dont le cours actuel doit être contrôlé par un sytème de "contrôle des eaux" sinon il s'écoulerait vers le bassin d'Atchafalaya qui se trouve entre Bâton Rouge et Lafayette de sorte que la Nouvelle-Orléans se retrouverait avec "pu de Mississippi" et "pu de port maritime" non plus; 3. que le jus bouilli de canne à sucre était coulé dans des moules en bois de forme conique, comme sur la photo qui suit, et qu'une fois cristallisé, on obtenait un morceau de sucre de la forme du moule. On grattait le cône de sucre à l'aide d'une pinces à bouts coupants pour obtenir du sucre granulé. Sur la même photo, on voit à l'arrière un bidule pour faire de la saucisse.

En visitant la maison originale de la famille des Olivier, on se plonge dans l'histoire des acadiens et de ces créoles qui ont tous contribué à la tradition et à la culture Louisianaise. Et c'est confirmé, Évangéline ce n'est qu'une belle légende pour raconter l'histoire des acadiens et du Grand dérangement.

C'est en 1815 que Pierre Olivier a fait construire la grande maison que son fils Charles a fait rénover en 1840. Elle est entièrement construite avec des matériaux de la région. Les madriers proviennent des cyprès, les briques sont fabriquées avec la terre du bayou et l'espace entre les madriers est rempli de bousillage, une sorte de mortier isolant composé de mélange de boue, de chaux et de mousse espagnole.

En visitant la maison, notre guide nous fait découvrir un peu de la vie d'antan. On dit que les voyages forment la jeunesse. À apprendre toutes ces nouvelles informations, je me dis que nous devons être encore bien jeunes car nous avons tant à découvrir.